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Besoins et attentes des séropos de plus de 50 ans

Vivre avec le VIH après 50 ans

Publié le 10/04/2024

Le vieillissement, ce douloureux problème

Comme plus de la moitié des personnes vivant avec le VIH, vous entrez dans ce qu’on appelle la catégorie sénior. Ce qui ne veut pas dire que vous vous retrouvez en dehors d’une vie active, dans tous les sens du terme, mais que vous êtes susceptible de rencontrez certains soucis de santé liés à l’âge ou au vieillissement.

Que vous ayez été contaminé récemment ou il y a longtemps, votre corps doit gérer l’infection à VIH, plus les autres problèmes de santé que vous avez pu rencontrer au cours de votre vie, ainsi que ceux liés au fait que votre corps fonctionne moins bien à 50, 60 ou 70 ans qu’à 20 ans.

En 2015 déjà Sida Info Service avait pu mener une enquête auprès de ses appelants âgés de plus de 40 ans et plus . Il faut dire qu’au début de l’épidémie, être encore en vie après 40 ans quand on avait le VIH, ce n’était pas évident pour tout le monde. La barre des 40 ans était donc relativement haute pour l’époque.

En 2024, grâce aux traitements dont on dispose, cette limite d’âge n’est plus pertinente puisque l’espérance de vie d’une personne vivant avec le VIH est similaire à celles des personnes qui n’ont pas ce virus.

Les besoins et les attentes des PVVIH séniors

L’association MoiPatient a rendu les résultats de la grande enquête qu’elle a mené auprès des plus de 50 ans.

Il apparait que les séropos craignent toujours d’être victimes de sérophobie au quotidien, dans leur vie sociale ou amoureuse mais aussi dans leur prise en charge médicale. 20,8% des personnes interrogées lors de l’enquête se sont déjà vu refuser une consultation médicale à cause de leur séropositivité au cours de leur vie. Ce refus concernait principalement le dentiste.

Tout aussi préoccupante, la précarité peut concerner tous ceux et toutes celles qui vont bientôt prendre leur retraite (si ce n’est pas déjà fait) et qui risquent de se retrouver dans une situation matérielle difficile. Cependant, parmi les personnes interrogées :

  • 91% des moins de 60 ans et 63,9% des 60-69 ans n’ont pas encore entrepris les démarches pour leur retraite ;
  • 65,4% des moins de 60 ans, 33,9% des 60-69 ans n’ont pas fait de simulation du montant de leur retraite ;

Quand ils ont fait une simulation, les montants moyens mensuels estimés tournent autour de 1 500€. Mais ce montant doit être pondéré par le fait que seuls les plus aisés s’engagent dans ces démarches.

Et sur le plan médical, comment ça va ?

Bonne nouvelle : 92,6 % des personnes interrogées connaissent leur charge virale et pour 90,9% elle est indétectable. Ce qui n’est pas très étonnant car 98,8% des personnes prend un traitement contre le VIH, sous forme de comprimés pour la très grande majorité.

Dans ces conditions un allègement thérapeutique peut être proposé. Cependant, seuls 33,3% des répondants se sont vus proposés une diminution du nombre de molécules ou de comprimés par leur infectiologue au cours des deux dernières années.

Autre donnée qui a un fort impact sur la vie des séropositifs séniors : les comorbités qui concernent davantage les plus de 70 ans. Les principales pathologies citées sont les suivantes :

  • Maladies cardiaques, Hypertension : 37,7%
  • Diabète, Hypercholestérolémie et problème rénaux : 27,7%
  • Dépression : 17,8%
  • Ostéoporose : 15,8%
  • Hépatite B, Hépatite C, trouble du foie : 12%
  • Cancers : 11%

Les besoins des personnes vivant avec le VIH après 50 ans

Il reste encore beaucoup de travail pour analyser les nombreuses données intéressantes recueillies lors de l’étude pilotée par Moi Patient. Mais on peut déjà retenir que :

  • Le suivi médical est globalement bien vécu,
  • La majorité des PVVIH ont un toit et des ressources mais 12% sont plus à risques,
  • Les préventions, repérages et coordinations sont la clé,
  • Les associations vont devoir élargir leurs champs de compétence pour répondre aux nouveaux défis avec tous les professionnels de santé.

A noter enfin que l’étude comportait également des questionnaires adressés à des professionnels de santé, pas uniquement du domaine médical.

34 médecins y ont répondu, dont 26 infectiologues, qui considèrent :

  • Bien communiquer entre eux, être bien formés mais avoir besoin de davantage de coordination,
  • 30 % d’entre eux disent avoir plus de difficultés à organiser les soins des séropositifs de plus 50 ans que pour les personnes n’ayant pas le VIH.

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