Chemsex et VIH : quelles stratégies de prévention aujourd’hui ?
Chemsex et VIH : quelles stratégies de prévention aujourd’hui ?
Sida Info Plus : le chemsex est-il compatible avec la PrEP ou avec les antirétroviraux ?
Fred Bladou : « C’est totalement compatible si vous êtes gay, donc dans un groupe où il y a une prévalence du VIH qui est extrêmement élevée, une charge virale communautaire, c’est-à-dire une quantité de virus qui est bien supérieure à la population générale. A partir de ce moment-là, vous savez que si vous allez en sex party le week-end et que vous avez des rapports sexuels avec plusieurs personnes, vous avez la probabilité de croiser des personnes qui vivent avec le VIH. Plus on multiplie le nombre de partenaires, plus on a un risque d’exposition qui est élevé. »
« Aujourd’hui, dépistage, dépistage, dépistage, chaque trois mois, c’est la base. »
« Et pas dépistage uniquement du VIH, mais aussi dépistage des IST, parce qu’on a des niveaux de syphilis, des niveaux de chlamydia, des niveaux de gonorrhée qui sont élevés. On dépiste chaque trois mois et on traite immédiatement. C’est la seule stratégie possible. »
Sida Info Plus : quels sont les piliers d’une prévention efficace en chemsex ?
Fred Bladou : « Pour les gens qui sont séropositifs au VIH, on ne va pas revenir sur les bénéfices du traitement antirétroviral. Il faut prendre un traitement pour éviter de tomber malade, bien évidemment, mais aussi pour avoir une charge virale indétectable et ne plus être contaminant.
Une personne séropositive sous traitement n’est pas contaminante. C’est quand même un des piliers de nos stratégies actuelles. Quand on vit avec le VIH depuis des années, quand on voit ce changement, ça simplifie quand même les choses.
« Les personnes séronégatives, prenez la PrEP, ne vous posez même pas de questions. »
Pour les autres, pour les personnes qui sont séronégatives, prenez la PrEP , ne vous posez même pas de questions. La prévention comportementale dans le chemsex est un mensonge. Il n’y a que la prévention biomédicale qui fonctionne dans le chemsex. Donc, TaSP, traitement comme prévention pour les séropositifs et PrEP pour les séronégatifs. Et après, dépistage chaque trois mois et traitement immédiat.
La confiance, ça n’existe pas. Vous vous protégez et surtout après, vous faites faire un bilan et qu’on vous traite s’il y a quoi que ce soit. Vivre avec une IST qui a l’air anodine comme ça, c’est potentiellement des cancers plus tard, de l’infertilité. Aujourd’hui, allez dans un centre de santé sexuel, allez vous faire dépister.
Et puis on arrête avec « c’est celui qui est séropo qui doit protéger tout le monde ». La prévention, elle doit être partagée. On est séropositif, on prend un traitement, on ne met personne en danger parce qu’effectivement, on a une charge virale indétectable. On est séronégatif, on arrête de se dire, c’est aux autres de prendre leur traitement, on prend la PrEP. »
Vous utilisez des produits quand vous avez des relations sexuelles et vous avez besoin d’aide ?
Vous pouvez contacter gratuitement Sida Info Service au 0800 840 800 pour vous aider à faire le point sur votre situation.
Vous pouvez aussi solliciter Drogues Info Service pour faire le point sur votre consommation.
Un doute sur un produit ? Analysetonprod.fr
L’association AIDES a également mis en place un numéro d’urgence 24h/24 pour les chemsexeurs : message WhatsApp au 07 62 93 22 29.
Têtu a lancé la première édition de « Avril Utile« , un mois de réflexion, de discussion et de solutions.
Paris sans sida a déployé une campagne de prévention dédiée au chemsex et accompagnée du site parlonschems.fr
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Disclaimer : cet article aborde le Chemsex et peut évoquer des thématiques liées à la sexualité et à l’usage de substances. Son objectif est la prévention & la sensibilisation des risques liés à cette pratique.
entretien réalisé par Caroline Ragon – intégration SIS COM
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