Chemsex : comprendre les produits consommés pour réduire les risques
Chemsex : les produits
Sida Info plus : quels sont les produits consommés dans le chemsex ?
Fred Bladou: « Majoritairement, les produits c’est ce qu’on appelle aujourd’hui les nouvelles drogues de synthèse, les cathinones. Parmi les cathinones, il en existe plusieurs qui peuvent être consommées dans le cadre du chemsex. Depuis une quinzaine d’années, ça a changé. Quand on a commencé à travailler dessus, il y avait la méphedrone. Puis la méphedrone a été interdite. Donc du coup, les gens ont pris de la 3-MEC et puis après de la 4-MEC. Comme les trafiquants sont très créatifs, à chaque fois qu’un État interdit une substance, ils en créent une nouvelle pour échapper à la réglementation. C’est un jeu du chat et de la souris totalement contre-productif depuis des années. »
« En fait, il faut comprendre ce que sont des cathinones et que derrière ce nom ou derrière cette dénomination, ce qu’on va consommer, ce n’est pas forcément de la 3. Ça va être une cathinone ou un mélange de cathinones. Donc là, j’invite vraiment à la prudence ».
« Quand on ne sait pas ce qu’on va acheter, on ne consomme pas n’importe quoi. Il y a des structures de réduction des risques en France où on peut amener une toute petite quantité de produits à faire analyser. »
« En réduction des risques, c’est extrêmement important de savoir ce qu’on consomme parce qu’aujourd’hui, les produits qui sont en circulation peuvent potentiellement poser problème. Après, à côté des cathinones qui sont les plus consommés, on trouve aussi de la kétamine, de la cocaïne, de la méthamphétamine, du cristal. Et surtout, en plus de ces psychostimulants, on trouve presque systématiquement en association et en polyconsommation, du GHB-GBL ».
Sida Info plus : quels sont les dangers et comment réduire les risques ?
Fred Bladou : « Le GHB-GBL est un dépresseur c’est-à-dire une substance qui donne des effets assez proches de l’alcool sans en avoir les mauvais côtés. Mais c’est une substance qui présente des risques sérieux lorsqu’elle est mal consommée, trop consommée, lorsqu’elle n’est pas dosée, lorsqu’elle est mélangée avec de l’alcool. Je dis souvent aux gens, quand les gens consomment du G pour la première fois, une toute petite dose, ils en ont pour leur argent parce qu’ils ont les effets de l’alcool sans avoir bu je ne sais combien de verres.«
« Attention, le G, c’est une substance extrêmement addictive et qui présente des risques (perte de conscience, dépression respiratoire, coma et de décès) si c’est mal consommé. Appel à la prudence sur le G ! «
« Il y a une forte consommation de G aussi chez les jeunes en contexte festif, pas uniquement sexuel. Ça donne les effets de l’alcool. Donc on est dans un sentiment d’euphorie, on discute avec tout le monde, on se sent léger. Les effets sont vraiment là. Mais, attention, prudence, renseignez-vous auprès de structures de réduction des risques pour connaître les bonnes méthodes ou les bons outils de réduction des risques au G.«
Vous utilisez des produits quand vous avez des relations sexuelles et vous avez besoin d’aide ?
Vous pouvez contacter gratuitement Sida Info Service au 0800 840 800 pour vous aider à faire le point sur votre situation.
Vous pouvez aussi solliciter Drogues Info Service pour faire le point sur votre consommation.
Un doute sur un produit ? Analysetonprod.fr
L’association AIDES a également mis en place un numéro d’urgence 24h/24 pour les chemsexeurs : message WhatsApp au 07 62 93 22 29.
Têtu a lancé la première édition de « Avril Utile« , un mois de réflexion, de discussion et de solutions.
Paris sans sida a déployé une campagne de prévention dédiée au chemsex et accompagnée du site parlonschems.fr
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Disclaimer : cet article aborde le Chemsex et peut évoquer des thématiques liées à la sexualité et à l’usage de substances. Son objectif est la prévention & la sensibilisation des risques liés à cette pratique.
entretien réalisé par Caroline Ragon – Intégration SIS COM
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