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VIH et bébés génétiquement modifiés
14/01/2019

Retour sur une première mondiale : des bébés ont été génétiquement modifiés pour résister au VIH. L’annonce faite en novembre 2018 a provoqué un tollé et a reçu un accueil mitigé de la part de la communauté internationale.

Pour franchir la ligne rouge, l’équipe de chercheurs chinoise a utilisé les ciseaux génétiques CRISPR/Cas 9 sur deux embryons pour enlever/modifier le gène codant CCR5, le corécepteur présent sur des lymphocytes CD4, la cible favorite du VIH.

Malgré tout, les jumelles ne seront pas totalement résistantes au VIH car certaines souches du virus peuvent parfois utiliser le corécepteur CXCR4 pour pénétrer dans la cellule. De plus, aujourd’hui, nous ne sommes pas sûrs de la non dangerosité de la technologie CRISPR /Cas 9 et nous ne savons pas non plus si l’absence du récepteur CCR5 va rendre ces deux nourrissons vulnérables à d’autres maladies.

L’équipe de chercheurs a essuyé de très fortes critiques de la communauté internationale pour non-respect de l’éthique dans la recherche scientifique. Même si le père des jumelles était séropositif et la mère séronégative, d’autres méthodes très fiables et sans danger existent pour garantir la non transmission du virus. Certains avancent que même si « une spécificité culturelle » peut exister quant aux questions éthiques, ce type de dérive est à condamner : nous pouvons légitimement questionner le respect du « consentement libre et éclairé ».

En France et ailleurs dans le monde, des recherches sont aussi en cours pour explorer l’éventuelle place de la thérapie génique dans l’éradication du VIH. D’autres maladies incurables sont aussi dans le viseur des chercheurs.

N.B : Une série d’interactions complexe entre le VIH et les récepteurs chimiokines CCR5 et CXCR4 est nécessaire pour déclencher le processus de fusion entre le virus et le CD4, et ainsi la future réplication virale.

Sohanjit Halder

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