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Les CD4 (ou les T4, c’est la même chose)
21/02/2008

Tout le monde le sait, les T4 (ou CD4) sont la cible du VIH. Plus on en a, mieux on se porte. Quand ils baissent, on risque les infections opportunistes, voilà pourquoi on essaie de mettre en place un traitement avant d’en arriver là…

Comment calcule-t-on les CD4 ?

Les CD4 sont des lymphocytes, et les lymphocytes sont des globules blancs. Donc, on commence par faire une « numération formule sanguine » (NFS ou hémogramme), qui donne le nombre de globules rouges, de globules blancs, de plaquettes, etc.

Les globules blancs (ou lymphocytes) se répartissent en plusieurs types : les polynucléaires, les monocytes, et les lymphocytes.

A partir du nombre de lymphocytes, une machine spéciale va, en quelque sorte, trier les lymphocytes en plusieurs catégories. Le résultat du laboratoire va exprimer :

- Le pourcentage de CD4 (quelle est la proportion de lymphocytes CD4 parmi l’ensemble des lymphocytes)
- Le nombre de lymphocytes CD4 par unité de sang (en l’occurrence, par mm3)
- Le rapport CD4/CD8, qui donne une idée de la répartition des différents lymphocytes entre eux

Que signifient les résultats ?

Normalement, en l’absence du VIH, les lymphocytes CD4 varient entre 500 et 1500/mm3.

Les maladies opportunistes risquent essentiellement de survenir lorsqu’ils sont en dessous de 200/mm3. Il y a donc un peu de marge.

Entre 350 et 500/mm3, il n’y a qu’un léger déficit immunitaire. C’est probablement le moment idéal pour débuter un traitement, sachant quand même que cela peut rester spontanément stable pendant plusieurs années

Entre 200 et 350/mm3, il y a un déficit immunitaire réel, même s’il est insuffisant la plupart du temps pour plonger dans le sida. C’est quand même à ce moment qu’il faut débuter un traitement, si cela n’a pas été fait avant.

En dessous de 200/mm3, le sida pointe son nez. Il faut absolument qu’un traitement antirétroviral soit mis en place, ainsi qu’un traitement prophylactique des infections opportunistes (comme le Cotrimoxazole ou BACTRIM ® ou les aérosols de Pentamidine).

A quoi servent les autres paramètres ?

Le pourcentage des CD4 permet au médecin d’affiner l’interprétation du nombre de CD4. Par exemple, on considère que, si les CD4 sont inférieurs à 15 % de l’ensemble des lymphocytes, cela revient au même que s’ils sont en dessous de 200/mm3, même s’ils sont à 250. Il faut commencer un traitement antirétroviral et une prophylaxie des infections opportunistes.

Le rapport CD4/CD8 permet d’apprécier la qualité de la restauration immunitaire, qui nécessite une répartition harmonieuse entre les différents lymphocytes, pour une meilleure efficacité (le travail du système immunitaire est un travail de collaboration entre les différentes cellules). Dans l’idéal, ce rapport est supérieur à 1.

Mes CD4 bougent tout le temps

Comme tous les paramètres biologiques, le nombre de CD4 varie. Et c’est normal. La question est de savoir le sens que cela revêt. Si les CD4 sont supérieurs à 500/mm3, ils peuvent varier autant qu’ils veulent, on est de toute façon dans la zone normale. Une remarque : tout examen biologique doit être commenté en consultation médicale, même si tout a l’air normal.

C’est en dessous de 500 que ces variations peuvent avoir un sens. Mais attention. Les CD4 peuvent, d’un bilan à l’autre, évoluer en dents de scie. Ils montent, ils descendent, remontent, etc. Ils peuvent malgré tout rester stables. Ou bien ces variations peuvent dessiner une baisse continue (auquel cas on pensera au traitement, ou à un changement de traitement). Mais aussi montrer une augmentation continue sous traitement (la remontée des CD4 sous traitement n’est pas forcément régulière).

Conclusion ? Les CD4 sont un paramètre extrêmement important. Mais il ne faut pas garder son nez dessus et interpréter toute variation comme un signe important. C’est le travail du médecin d’interpréter les résultats en fonction des autres éléments biologiques, des manifestations récentes, d’un examen clinique.

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