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La tuberculose
24/01/2008

La tuberculose pose un problème particulier : la tuberculose n’est pas une vraie maladie opportuniste, mais elle fait partie de la définition du sida.

Ce n’est pas une vraie maladie opportuniste car elle peut survenir chez n’importe qui, vivant ou non avec le VIH. La fréquence et la gravité de la tuberculose, ainsi que ses conséquences sur la santé, sont suffisamment graves pour que la maladie entre dans la définition du sida.

La tuberculose est donc la maladie la plus fréquente dans le sida, et peut, contrairement aux autres maladies opportunistes, survenir chez des patients dont le système immunitaire est modérément atteint.

Non traitée, elle constitue un facteur d’aggravation rapide de l’infection par le VIH car la tuberculose altère l’état général et accélère l’installation du déficit immunitaire.

Qu’est-ce que la tuberculose ?

La tuberculose est une infection, due à une bactérie (mycobacterium tuberculosis), qui touche préférentiellement les poumons mais peut atteindre de nombreux autres organes (os, reins, foie, système nerveux).

Elle s’attrape facilement, en respirant la toux d’une autre personne atteinte de tuberculose et non traitée. Une personne atteinte de tuberculose a tendance à tousser beaucoup ; lorsqu’elle tousse, elle émet de minuscules gouttes qui peuvent être inspirées avec l’air par une personne à proximité. La bactérie se loge alors dans les poumons et commence à provoquer la maladie.

Comment la tuberculose se manifeste-t-elle ?

La tuberculose donne des signes respiratoires et retentit sur l’état général.

- Les signes respiratoires sont souvent peu inquiétant au début pour la personne atteinte ; elle tousse, mais n’est pas gênée au début. C’est plutôt la durée de la toux (plusieurs semaines) ou la présence de sang dans les crachats qui l’inquiètent.
- Le retentissement sur l’état général est important : la malade perd du poids, souffre d’une fièvre qui est rarement très élevée mais dure longtemps, se réveille la nuit avec des sueurs. La fatigue est très importante.

Dans les formes neurologiques (lorsque la bactérie de la tuberculose se trouve dans le liquide qui baigne les cerveau), les malades ont mal à la tête, ont des troubles de concentration.

C’est le plus souvent en examinant les crachats qu’on peut retrouver la présence de la bactérie responsable. Si la tuberculose n’est pas traitée, le patient finit par mourir. C’est donc important que cette maladie soit repérée, car elle se soigne bien.

Comment se traite la tuberculose ?

On guérit la tuberculose avec des antibiotiques (médicaments utilisés contre les bactéries). La tuberculose n’est pas facile à traiter, et il faut toujours associer plusieurs antibiotiques, pendant une durée très longue, habituellement 8 mois. Le problème est que les médicaments anti-tuberculeux sont incompatibles avec certains ARV (en particulier les antiprotéases)...

3 choses sont importantes à retenir :

  1. Le traitement est efficace
  2. La tuberculose est contagieuse, pour les personnes séropositives comme pour les autres
  3. Mais une personne souffrant de tuberculose qui prend son traitement n’est plus contagieuse après environ 2 semaines de traitement bien pris. Il ne faut donc pas exclure les personnes traitées pour une tuberculose, elles ne représentent pas de danger.

Quelle prévention pour la tuberculose ?

Le vaccin BCG constitue une bonne protection contre la tuberculose, mais son efficacité n’est pas la même chez tout le monde ; surtout, elle tend à disparaître chez les personnes séropositives.

Lorsqu’une personne souffre de tuberculose, il faut éviter la transmission aux autres patients ou au proches en attendant que le traitement soit efficace :
- Port d’un masque par le malade
- Aérer la pièce
- Laver le sol avec un linge humide

Si l’entourage a été exposé au risque d’attraper la tuberculose, un dépistage sera organisé par les autorités sanitaires. Encore une fois, le traitement va apporter la solution au problème de la contagion. Le malade peut alors vivre normalement dans sa famille.

La tuberculose et les antirétroviraux

Lorsque la tuberculose constitue l’occasion de la découverte de la séropositivité, il n’est pas rare que le malade, à ce moment, ait un système immunitaire très abîmé, et qu’il soit nécessaire de débuter rapidement un traitement. Pourtant, en cas de tuberculose, on va retarder la mise en route du traitement, pour 2 raisons :

  1. Le traitement de la tuberculose est lourd, celui du VIH aussi, et il est difficile de prendre les deux en même temps, d’autant que les médicaments ne sont pas toujours compatibles entre eux
  2. Il existe un phénomène particulier avec la tuberculose : quand l’immunité s’améliore alors que la tuberculose n’est pas maîtrisée, les signes de la tuberculose peuvent s’aggraver.

Lorsqu’un traitement antiviral est nécessaire, on commence d’abord le traitement anti-tuberculeux, et on débute les antirétroviraux au minimum 2 mois plus tard. Ceci évite de rencontrer les deux problèmes évoqués ci-dessus.

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